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Eco-Phoques

Deux espèces de phoques fréquentent le littoral de la région Nord-Pas de Calais. Les phoques veaux marins et phoques gris sont des espèces protégées au niveau national et communautaire. Ce statut implique la mise en place d’espace protégés nécessaires à leur maintien, et nécessite ainsi une bonne connaissance du fonctionnement des populations et des stratégies d’utilisation de l’espace et des ressources par ces mammifères marins. Les différentes colonies du littoral sont suivies à terre depuis des années par les associations locales telles que Picardie Nature, ADN et la CMNF. Le projet Eco-Phoques a pour objectifs de mutualiser les résultats issus de ces suivis et de les compléter par une combinaison d’approches méthodologiques afin de :

  • déterminer la distribution, la connectivité, l’abondance et les tendances d’évolution des colonies de phoques gris et veaux marins fréquentant la région Nord-Pas de Calais et la baie de Somme (axe 1),
  • déterminer le régime alimentaire, les zones de chasse et les biomasses consommées par les phoques (axe 2),
  • d’évaluer la nature et l’intensité des interactions entre les phoques et les activités humaines (axe 3).

 

Le GEMEL est impliqué dans ce troisième axe de recherche. Nous y abordons de façon synthéthique les interactions entre activités humaines et phoques. Trois pistes de travail sont explorées :

  • Le GEMEL a produit une synthèse bibliographique détaillée portant sur la littérature scientifique internationale sur les différents types d’interactions entre populations de phoques (ou de pinnipèdes) et activités humaines. Outre l’état de l’art sur la problématique, cette synthèse porte une attention particulière aux mesures de gestion (et le cas échéant de mitigation) proposées dans les différentes régions confrontées aux interactions les plus aigües, et dans les régions géographiquement proches (dans lesquelles la connectivité avec les colonies de la Manche Est a pu être établie). Cette analyse bibliographique préliminaire a permis de préparer des enquêtes locales en adaptant les méthodologies mises en place dans d’autres régions du monde au contexte local.

Interactions entre activités humaines et phoques

  • Une série d’enquêtes auprès des usagers a été mise en place en 2016 dans le périmètre de la zone d’étude dans le but d’établir une classification des interactions entre activités humaines et populations de phoques, tous usagers confondus. Ces enquêtes sont réalisées en toute indépendance et en concertation avec les usagers de la mer en vue d’établir, par grandes catégories d’usagers, l’occurrence, la nature, la fréquence et l’intensité de ces interactions.
  • Les interactions écologiques entre phoques et activités humaines (particulièrement de pêche) seront analysées plus spécifiquement grâce d’une part aux résultats de l’axe 2 (description du régime alimentaire des phoques et détermination des zones de chasse) et d’autre part à l’analyse des statistiques de pêche dans la zone. Les quantités de poissons de chaque espèce prédatée ne sont pas connues sur la zone de vie des phoques, les évaluations de stocks de pêche ne prenant pas en compte la mortalité par la prédation des mammifères marins. Sur la base des informations de débarquement par carré statistique et par métiers fournies par le SIH (Système d’Information Halieutique), un indice de chevauchement trophique sera calculé sur la base de différentes hypothèses d’alimentation et de déplacement des animaux. Des informations spatialisées par métier seront ainsi disponibles pour estimer les interactions avec les pêcheries. Si des informations sur la pêche récréative sont disponibles à l’échelle du projet, le même type d’analyse pourra être mené.

 

Le projet Eco-Phoques doit permettre de disposer des bases scientifiques nécessaires pour une meilleure connaissance des phoques et de leurs interactions avec les activités humaines en Manche Nord-Est. En effet, ces trois grands axes de recherche permettront ainsi de mieux comprendre le rôle et le fonctionnement des populations de phoques dans les écosystèmes marins anthropisés de la région. Ils permettront notamment d’établir une série de recommandations pour la gestion des espaces qu’ils fréquentent, en particulier dans le cadre d’un tableau d’indicateurs de suivi pour le Parc Naturel Marin des estuaires picards et de la mer d’Opale, partenaire du projet.

Le projet Eco-Phoques est coordonné par le Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (UMR 7372 CNRS/Université de La Rochelle). Il est le fruit d'une collaboration avec d'autres structures, notamment le Parc Naturel Marin des Estuaires Picards et de la Mer d'Opale, la Coordination Mammalogique du Nord de la France, l'Association Découverte Nature et Picardie Nature. Ce projet est soutenu par la Région des Hauts-de-France, en partenariat avec la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité.